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Belgique (Wallonie)

BLOG: Popattitude

(INTERVIEW) Anne-Marie : Petit bijou de la pop actuelle

Avec près d’1,3 millard de vues sur Youtube, le titre ‘Rockabye’ (en duo avec Clean Bandit et Sean Paul) a littéralement propulsé Anne-Marie aux yeux du grand public. Grâce à d’autres puissants singles à l’image de ‘Ciao Adios’ et ‘Alarm’, la jeune britannique s’est rapidement faite adorée du public.

Dans le cadre du Lokerse Feesten, nous avons eu la chance de nous entretenir avec cette brillante artiste. À la fois drôle (elle a passé la moitié de l’interview à rire et à plaisanter) et talentueuse, la pétillante Anne-Marie se confie sur sa musique… mais aussi sur certains sujets moins sérieux. Rencontre avec une artiste de demain. 

Cédric : « Anne-Marie », c’est un prénom aux sonorités françaises ça… ?!

Anne-Marie : Oui, c’est un nom français ! Enfin, je crois. C’est ce que quelqu’un m’a dit. Mais je n’en sais pas plus. C’est un nom cool. Je parle « un petit peu » français… (Rires) Je connais les jours de la semaine, les nombres, les couleurs… Juste les mots principaux. Mais pour les plus spécifiques, je suis mauvaise.

C : Avant de commencer à composer des chansons, tu as été 3 fois championne du monde karaté. C’est une discipline qui te manque ?

A-M : Oui, ça me manque énormément. Chaque fois que j’ai du temps libre ou que je suis chez moi, j’essaye le plus possible d’aller m’entrainer. J’aime beaucoup pratiquer ce sport. Ça m’aide à me détresser. 

              

CQuand on écoute tes chansons comme ‘Ciao Adios’ ou encore ‘Peak’, on a l’impression que tu te livres beaucoup. Que tu nous racontes tes mauvaises histoires d’amour. Est-ce difficile de parler de sa vie comme ça au grand public ?

A-M : C’est un peu effrayant… Je pense que j’aime le faire, malgré tout. C’est un peu comme se libérer. Cela permet de parler à des personnes qui ont peut-être traversé les mêmes choses que moi. De les aider à affronter ces situations. Quand j’étais adolescente, j’écoutais beaucoup de musiques qui m’aidaient à avancer face à un problème. Et je pense que c’est ce que je tente de reproduire. 

C : Beaucoup de chanteuses comme Adèle, par exemple, parlent de leurs histoires d’amour en créant des musiques tristes... Toi en revanche, même si tu racontes des histoires de rupture, tes chansons sont souvent dansantes…

A-M : J’ai composé quelques chansons plus lentes et tristes. Mais j’essaye de transformer ces histoires en y mêlant une musique qui n’est pas mélancolique. D’en parler comme une personne forte. ‘Ciao Adios’,  dans le fond, c’est un titre assez triste. Je dis quand même « bye » à mon petit-ami… Mais je tente d’y mettre un contraste. Le message y prend sens.

C : Ta carrière a vraiment pris une grande ampleur quand tu as collaboré avec Clean Bandit sur ‘Rockabye’. Tu t’attendais à un tel succès ?

A-M : (Elle sourit) Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, ce qui allait se passer. Quand j’ai reçu la chanson, je l’ai directement aimée. J’ai réellement eu un coup de cœur à la première écoute de ‘Rockabye’, quand j’ai lu les paroles aussi. J’aime beaucoup chanter des musiques qui me parlent.

C : Comment est l’ambiance avec les membres de Clean Bandit ? Car tu sais, entre nous, nous sommes très fans de Grace Chatto…

A-M : Ce sont des amours ! Ils sont très consciencieux. Tu as déjà rencontré Grace ? Pas encore ?! Quand tu la verras, tu constateras directement qu’elle est adorable. (Elle sourit

C : On peut s’attendre à voir naître d’autres collaborations avec le groupe pour le futur ?

A-M : Peut-être… Nous avons collaboré sur d’autres chansons avant ‘Rockabye’. Je ne sais pas si elles seront dans l’optique de sortir en single, de paraître sur un album… Mais oui, j’ai d’autres musiques avec Clean Bandit.

               

C : D’ailleurs, nous sommes impatients d’écouter tes nouveaux titres ! Où est l’album ?! Nous n’en pouvons plus d’attendre…

A-M : Je sais, je me doute… (Rires) Ca va être annoncé très prochainement. Ainsi, vous n’aurez plus à attendre plus longtemps… (Rires)

C : Que nous réserves-tu ? Des musiques dansantes, plus calmes,  avec des chorégraphies… ? 

A-M : J’aime beaucoup les choses variées. Pour moi, un album doit parler de plusieurs sujets et être composé de sons différents. Je n’ai pas envie de faire un album entier de chansons de rupture. Surtout parce que j’ai beaucoup plus à dire à propos de ma vie. Donc ça sera vraiment quelque chose de varié. J’espère que tout le monde pourra y trouver ce qu’il aime.

C : Tu es très active sur les réseaux sociaux. Tu communiques énormément avec tes fans avec des challenges, des textes drôles, des photos… Tu oses t’afficher en maillot de bain, avec des têtes drôles… Tu n’as peur de rien en fait ?

A-M : Hmm, oui ! J’aime l’interactivité avec les gens. Mes fans me supportent tellement, que je me dois de les rendre heureux en retour. Leur donner des challenges, j’aime beaucoup ça. Les faire se défier aussi, dans des compétitions et pouvoir leur envoyer des cadeaux par la suite… Ils m’aident énormément, donc je me dois de les « aider » en retour. 

C : Notamment avec le « Lemon Challenge » (NDLR : Le jour avant le Lokerse Feesten, elle proposait à ses fans de manger une tranche de citron)… 

A-M : (Rires) Exact ! C’était horrible. (Elle grimace)

C : Anne-Marie, les yeux dans les yeux : tu parles tout le temps de nourriture… Pourquoi cette fascination ?

A-M : (Rires) La nourriture, oui… Ça m’apporte beaucoup de plaisir. Donc à chaque fois que j’ai un moment de temps, que je ne suis pas en train d’écrire, que je ne suis pas sur scène… la première chose qui me vient à l’esprit est la nourriture. Et puis tu sais, quand tu traverses le monde, c’est toujours très intéressant de gouter les spécialités du pays dans lequel tu es !

C : Parlons de choses plus légères maintenant ! Préfèrerais-tu être sur une île déserte : avec un million de vêtements, ou nue avec toute la nourriture que tu veux ?

A-M : Hmm assurément être nue avec toute la nourriture que je veux. C’est très simple. (Regard sournois) Il n’y a personne d’autre sur l’île de toute façon ? Alors oui, c’est fun. Nourriture ! (Rires)

C : Quel est ton dernier moment gênant ?

A-M : (Elle réfléchit) Un moment gênant a eu lieu quand je faisais la première partie d’Ed Sheeran. Nous étions en Allemagne et mon claviériste m’a traduit comment on disait « I’m hot » (NDLR : Peux se traduire par « J’ai chaud ») en allemand. Et j’étais sur scène en train de répéter au public « Ich bin heiss »… Et mon crew rigolait, et je ne savais pas pourquoi. Après le concert, je suis allé sur Twitter et j’ai vu des tweets qui disaient : « Tu as dit « Je suis sexy/chaude ». Donc c’était assez gênant pour moi… mais amusant quand même.

C : As-tu déjà tapé ton nom sur Google ?

A-M : (Rires) Oui, je pense que oui. Il me semble que je l’ai fait il y a longtemps… J’ai tapé mon nom et j’ai vu des photos de femmes toutes nues… qui n’étaient pas moi. (Rires)

C : Et dernière question : as-tu déjà volé quelque chose ? Et attention, sois honnête !

A-M : Oh, tu dis ça car tu sais que j’ai volé quelque chose… ? (Elle réfléchit) Hmm… peut-être… Je pense qu’aujourd’hui même, en arrivant au festival, j’ai volé une crème glacée… J’ai acheté une glace Ben & Jerry’s et je me suis rendu compte qu’elle avait un peu fondu. Donc je l’ai remise dans le congélateur et j’en ai pris une autre… (Elle réfléchit) Donc oui, ça veut dire que j’ai volé… Quoique, ce n’est pas volé puisque je l’avais payée… Je ne sais pas ! (Elle tape du pied) Ne me pose plus jamais cette question. (Elle éclate de rire)

Pour l’avoir applaudie sur scène, nous ne saurions que vous conseiller de découvrir Anne-Marie. Avec une voix puissante, une présence scénique explosive et des titres novateurs, la jeune femme souffle un vent nouveau sur la pop musique. Son tempérament jovial termine joliment ce qui fait son charme.

 

 

 

 

 


Cédric & Olivier (Instagram, Twitter)
17/08/2017
(INTERVIEW) Mustii - Dans l’œil d’un artiste

Nominé dans 6 catégories aux D6bels Music Awards 2016, Mustii est incontestablement l’artiste belge du moment à suivre. Pluridisciplinaire, le chanteur excelle dans une musicalité atypique qui lui est propre. Le tout accompagné d’une scénographie des plus artistiques.

Acclamé lors des Francofolies de Spa et du Ronquières Festival, nous avons rencontré l’un des artistes de demain. Mustii évoque sa musique, ses ambitions mais surtout, parle d’art avec beaucoup de légitimité.

Cédric : À 26 ans seulement, ton CV est déjà bien rempli puisque tu es chanteur, auteur, acteur, compositeur et metteur en scène. Et initialement, tu as étudié le théâtre. La musique t’est donc arrivée plus tard entre les mains…

Mustii : Là maintenant, je commence un peu à me dire que la musique devient mon métier. J’ai souvent tendance à me dire que je suis plus un artiste qui fait de la musique. Mais d’un autre côté, je n’aime pas mettre des étiquettes, car, je trouve ça chouette de pouvoir toucher à plusieurs choses en même temps. Plein d’artistes fonctionnent comme cela, et il faut cultiver ça. Depuis tout petit, j’ai envie de devenir acteur. Par rapport à la musique, il y a certains jours où je me dis « est-ce que je suis vraiment en train de faire ça ? ». C’est encore étonnant pour moi.

C : À l’écoute de ton premier EP The Darkest Night, on sent cette modernité musicale dans tes compositions. Chaque sonorité nous apparaît comme une bande originale de films. Dirais-tu que ta musique est visuelle, qu’elle projette des images ?  

M : Ce qui est sûr, c’est que quand je compose, il y a toujours des images de films dans ma tête, de la théâtralité… Je ne peux pas imaginer la musique sans mettre des images dessus. Je crée les sonorités, puis j’écris les textes. Donc, c’est la musique qui conditionne et qui fait naître les images. J’aime bien aussi associer des couleurs à mes chansons. J’ai des techniques très graphiques.

C : Pour te comparer un instant à Loïc Nottet, le chanteur avait révélé s’inspirer de films pour composer sa musique. Dans ton EP, on ressent une musicalité tout aussi travaillée et capable de nous plonger dans un univers de fiction…

M : J’ai l’impression qu’il y a une nouvelle génération d’artistes pour le moment. On a besoin de ce côté multidisciplinaire et de cet apport d’autres arts qui vient nourrir la musique, et inversement. J’aime les artistes qui ont traversé toutes ces disciplines (comme David Bowie…), qui ont un aspect caméléon. J’aime que les disciplines se répondent. La création de mes chansons varie. Parfois, il y a une thématique, je compose la musique puis j’écris. Ou parfois, j’ai une émotion, ou une scène de film en tête. Je commence à écrire, le texte suit facilement.

C : Pour ‘Feed me’ par exemple, l’inspiration provient d’un film ?

M : C’était plus sur un fait d’actualité. Je me souviens, c’était inspiré d’une journée où il y avait des manifestations qui avaient mal tournées, avec pas mal de dégâts. Et les médias en parlaient tout le temps. C’est constamment du flux, tu es assommé d’informations en permanence. Il y a sur truc anxiogène avec les médias… Et c’est à partir de ce sentiment-là que ‘Feed me’ est venu. C’est toujours quelque chose de visuel, mais en rapport avec les médias.

C : Une autre facette de ton originalité tient effectivement dans tes visuels. Un style sombre et artistique. Tu penses qu’il est plus facile pour un artiste d’exprimer des choses, d’être plus créatif via des compositions plus sombres ?

M : En fait, je pars du principe que si tu composes quelque chose d’assez pop et léger, il faut contrebalancer avec une thématique ou un texte qui est plus sombre, plus contrasté. Je n’aime pas l’idée d’avoir une musique « happy » sur un texte « happy ». Ça s’annule. J’aimerais bien essayer, mais je n’arrive pas à parler de ce qui va bien ! (rires) Parce qu’il n’y a pas grand-chose à dire… C’est trop léger. Je suis un peu torturé (ou du courant de pensée romantique), mais c’est toujours des thèmes assez sombres sur la solitude, le deuil… Je trouve que ça parle beaucoup plus et ça me motive davantage. On touche plus à des choses différentes dans les failles. C’est plus risqué, plus dangereux, et plus intéressant.

Après, je ne crois pas trop à l’image de « l’artiste malheureux ». Faut-il l’être pour bien écrire ? Je ne pense pas. C’est bien d’être dans un état d’esprit sain pour écrire quelque chose d’intéressant. Par contre, tu peux quand même aller fouiller dans des zones d’ombre pour aller chercher des choses intéressantes. Il faut voir là où il y a des aspérités, là où ça bloque.

C : Pour le moment, tu concentres tes projets de carrière sur le public belge. Développer ton projet en France, par exemple, ça ne te tente pas ?

M : En septembre, je vais déjà jouer en Hollande et en Espagne. Mais je veux vraiment développer et partager la musique en dehors de la Belgique quand il y aura l’album. Avec l’EP, je trouve que c’est trop tôt. Je préfère d’abord rencontrer le public, et me faire connaître ici. Une fois que l’album sera sorti, j’aurai envie de voyager.

C : On le sait, il est de plus en plus dur de percer dans la chanson. Sur ce sujet, la chanteuse Shy’m a déclaré dans l’émission On n’est pas couché : « A un moment, l’on se retrouve à être un projet, puis un produit. On adapte son marketing à ce qu’on vend, que ce soit un déodorant ou un artiste ». Tu es en accord avec ces dires ? Que la recette pour durer est aujourd’hui de se plier au code de l’industrie musicale ?

M : (il chante ‘Et alors ?’ et ‘Victoire’ de Shy’m) Peut-être dans 10 ans, je ferai un duo avec (rires). Plus sérieusement : je pense qu’il faut rester au maximum maître de son projet. Il faut tout faire pour rester celui qui a le « final cut », le dernier mot. Celui qui va pouvoir aller au bout, sans se laisser dévier par d’autres. J’imagine que c’est complexe. C’est sûr qu’il faut être vigilant.

C : Si demain, on te disait que tu pourrais collaborer avec n’importe quel artiste de ton choix, lesquels choisirais-tu ?

M : Florence Welch (NDLR : La chanteuse du groupe Florence and the Machine). Je suis ultra fan de cette femme ! Maintenant, plus près de chez nous, je dirais Oscar and the Wolf et Selah Sue. Lorde aussi, j’aimerais beaucoup.

C : Si nous aussi on souhaite écouter ce que Mustii a dans sa playlist du moment, que nous conseillerais-tu ?

M : Alors pour le moment, j’écoute le dernier album de Portugal. The Man, un groupe américain qui mérite d’être beaucoup plus connu. J’écoute aussi celui de Lorde, qui est génial. Sans oublier le dernier opus de London Grammar.

C : Mustii, une dernière question : est-ce que Thomas Mustin (NDLR : Son vrai prénom) est plus Thomas ou Mustii ?

M : Ça dépend des jours… Avant un concert, il sera plus Mustii. Mais là pendant l’interview, c’est Thomas Mustin. Ça change d’heure en heure. C’est très volatile.


Cédric & Olivier (Instagram, Twitter)
09/08/2017
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